Chaque semaine, Anouk Van Gestel repère le meilleur des sorties littéraires, relie les genres, réveille les classiques oubliés, partage ses trouvailles insolites et ses rencontres d’auteurs, d’ici ou d’ailleurs.
Tout un été sans Facebook, Romain Puertolas
Agatha Crispies, 35 ans, est policière à New York. Pas la grande pomme, non, New York dans le Colorado, 150 habitants. Pas de quoi allumer un gyrophare toutes les heures, une fois par an tout au plus. Alors qu’elle anime péniblement un club de lecture dans son minuscule commissariat, le destin (enfin, plutôt un meurtre), vient enfin perturber sa vie de policière en charentaises.
L’extrait
– Vous notez tout comme ça ? C’est flippant de se sentir à ce point observé.
– J’ai trop peur qu’un détail m’échappe, alors je note tout, même des choses sans importance pour l’enquête (elle tourna quelques pages de son Moleskine). Le numéro de téléphone d’un mec sexy qui était dans ma classe en cinquième (et que je n’ai jamais osé appeler), une pensée philosophique de Nietzsche à propos de la pêche au thon, la composition chimique du laiton, un poème d’amour d’Howard Phillips Lovecraft, la liste des courses pour la semaine.
Pourquoi le lire ?
– Pour finir l’été en pente douce et entamer l’automne par des fou-rires. Parce que ce livre est drôle et l’écriture de Romain Puertolas complètement déjantée. Une trouvaille à chaque chapitre provoque l’hilarité.
– Pour découvrir cet auteur atypique, ancien policier, traducteur, DJ turntable, garde du corps… parlant 8 langues et surdiplômé dont la vie à elle seule pourrait servir de trame improbable à un roman. Les personnes qui ont autant de talents ont forcément des choses à nous apprendre.
– Enfin, parce que j’ai souri, gloussé et ri à chaque page et que je ne connais pas de meilleur remède à la morosité. Sérieusement, un must-rire !
Tout un été sans Facebook, Romain Puertolas, Le Livre de Poche, 10 euros

