Dans la tête de
David Carette

Jane Dyl -

 

Le photographe et réalisateur belge David Carette raconte une histoire en 7 scènes. La sienne, celle des autres, celle d'un hôtel célèbre de la capitale bruxelloise. Des personnages forts, soigneusement mis en scène, selon un scénario secret à décrypter. Fidèles à ses dessins, sensibles et précis. Révélés ici en exclusivité, et commentés par l'artiste. Comme une confidence de l'aube, Ciao Amigo

 

©David Carrette
N°2 s(H)e Loves Me Not

Cette femme malgré ou à cause de son statut social, semble perdue, seule. Elle est accompagnée, chaperonnée par cette femme de chambre, et pourtant elle semble isolée, seule dans sa tristesse teintée d’agacement. Sa bonne, elle, ne semble même pas exister. Et pourtant, elle, elle se tient droite.

 

 

 

 

 

©David Carette

 

Deuxième image de l’histoire, de la série de 7 images. Cette photo met en scène une femme abandonnée, seule dans sa chambre d’hôtel. Son mari, dans la première image, semble la tromper avec une femme de chambre. Est-ce la même que celle présente à l’arrière-plan?

 

 

 

©David Carrette

 

Une chose est certaine, ces deux femmes sont déconnectées l’une de l’autre. Le pouvoir n’est sans doute pas tant dans les mains de celle qui devrait logiquement l’avoir.Je laisse à chacun le soin de se raconter son histoire, mais pour moi l’essentiel est : une histoire de femmes, de pouvoir, de classe, d’amour. Et, le plus important, un sentiment de solitude.

 

 

©David Carrette

 

 

N°5 Sweet Bitter Love

Cinquième image de l’histoire, de la série de 7 images. Cette femme de chambre était, dans la première image, à la sortie du lit avec un client. Ici on la retrouve au nouveau avec un homme, dans une posture intime. Cette fois, elle est beaucoup plus tendre, humaine. Son attitude, sa personnalité, son langage corporel est aux antipodes de ceux de la première image. Pourtant rien n’est clair. Est-elle amoureuse de ce joueur de piano à moitié gitan. Là aussi, il y a un fort contraste. Elle semble avoir couché avec un client fortuné, tout en réservant ses sentiments pour l’artiste. Ou pas. Rien n’est dit clairement. Peut-être n’est-elle finalement amoureuse de personne ? Le thème pour moi est : l’illusion amoureuse. L’ambivalence, la manipulation, la perte. La douceur du bourreau.

 

 

 

 

©David Carrette

 

N°6 Roommaid’s fantasy

J’ai adoré la personnalité de Pauline Jaquart . Et j’ai donc voulu faire son portrait. Elle semble dure et libre dans la vie. J’ai donc essayé de retranscrire cela à l’image, en accord avec le thème de la série.Cette femme de chambre semble loin dans sa tête, déjà partie, ou en train de réfléchir, de faire son choix. Elle plus, elle fume dans une chambre et a même enfilé un manteau, sans doute celui d’une cliente. Forte, intense et libre.

 

 

 

Infospratiques

 

©David Carrette

 

Sixième image de l’histoire, de la série de 7 images. Cette femme de chambre que l’on voyait en compagnie du joueur de piano dans l ‘image précédente, se retrouve maintenant seule dans une chambre de l’hôtel. Elle est intense, en elle, en train de faire un choix.Clairement, les conséquences de ses actes n’entrent pas en ligne de compte. Elle fume dans une chambre et a enfilé le manteau d’une cliente…Dans mon histoire, cette femme les quitte tous. Elle est à la veille du grand départ, du Ciao’ Amigo !Cette histoire raconte un moment, un épisode dans la vie d’une femme de chambre. Quels que soit son parcours, son passé, aujourd’hui elle est libérée, elle s’est affranchie, socialement et humainement .Aujourd’hui, elle part en ayant pris le pouvoir. Mais sur quoi, sur qui ? Et surtout, est-ce vrai ou se ment-elle à elle-même? Est-ce si important tant qu’elle y croit ?C’est une histoire de femme(s), et de liberté. Un départ… Mais dans quel sens?