Le Resto – Tatar
Né en 2022 à Ixelles sur un concept de bar à tartares, Tatar a depuis pris un virage audacieux en proposant une gastronomie contemporaine aux accents méditerranéens et asiatiques.
La salle intimiste et chaleureuse accueille une trentaine de couverts: murs en briques apparentes, carrelages foncés, bois et métal, belles matières illuminées de lumières douces et chaleureuses. Le grand bar central peut accueillir également quelques convives, et la cuisine ouverte laisse voir le travail précis et rythmé du chef et son équipe.
Le Chef
Aux fourneaux, le chef Luca Termine déploie une cuisine d’un rare équilibre autour de produits nobles: jeu de textures, saveurs entremêlées d’influences méditerranéennes et asiatiques, avec un faible assumé pour les produits de la mer, et les saveurs japonaises.
Tandis qu’en salle, Bruno raconte chaque assiette avec une passion communicative. On écoute, on voyage déjà, on se laisse guider à travers le menu unique proposé en quatre ou cinq services (65 € ou 85 €), renouvelé tous les mois en fonction des produits de saison et de l’inspiration du chef.
La Carte
Dès les amuse-bouches, le ton est donné: un bouillon dashi au sarrasin grillé dont le souvenir nous émoustille encore les papilles: acidité, umami, douceur se conjuguent dans un petit shot explosif de saveurs. Qui introduit une roulades de chou chinois rôti nappées de rémoulade beurrée et poudre de champignon; une bouchée profonde et très réconfortante.
Dans les verres, nous optons en apéritif pour le kombucha artisanal de Scob, aromatique sans être envahissant, parfait pour nous ouvrir l’appétit.
En clin d‘œil aux premières cartes du lieu, le tartare de bœuf et poire nashi au couteau est assaisonné de yuzu kosho (une pâte de piment et agrumes fermentée), texture fondante équilibrée par la fine tartelette qui le contient… Tandis que la tuile de lin croquante s’accompagne d’oignons confits et fondants, d’une mousse de foie de volaille pour l’un, d’un condiment au mole pour l’autre; là encore les saveurs sont multiples, et explosent dans un équilibre de goûts parfaitement maîtrisé.
Les entrées confirment le propos et la maîtrise du Chef: petit shot marin à même la coquille pour introduire un plat aux saveurs iodées de coquillages, oursin, salsifis et lait battu aérien, crémeux, fumé, iodé, fraîcheur herbacée. Les goûts et les saveurs se bousculent, se répondent sans dominer, en s’équilibrant si joliment pour des bouchées de bonheur. La version végétarienne est centrée sur les légumes déclinés en multiples cuissons, enrobés de cette mousse aérienne de lait battu dont les saveurs lactées et la légère acidité accompagnent si bien le plat végétal.
Dans nos verres: eau de Bru pour gastronomes, et vin rouge Voltigeur 2022 Domaine Thomas Rouanet bien fruité, frais et à la belle structure pour accompagner très agréablement le plat principal.
Dialogue entre terre et mer pour suivre, avec une caille laquée et parfaitement cuite sur le coffre, petit bonbon de saveurs viandeuses en équilibre sur une bisque généreuse, orange sanguine pour un kick d’acidité fruitée, et la pointe d’amertume d’une trévise italienne croquante. Saveurs, jeu de texture et cette fois encore un incroyable équilibre dans les goûts et les saveurs multiples de la terre, de la mer, de l’Asie et de l’Italie.
Le pendant végétarien s’articule autour d’un œuf mollet, trévise, roulade de légumes aux fines saveurs de barbecue, orange sanguine et hollandaise au beurre noisette… ma Végéchérie est aux anges!
En plat principal une picanha de bœuf uruguayen et mousseline de courge Hokkaido au barbecue, twistées par l’acidité fruitée des baies d’argousier. Cuisson parfaite pour cette viande dont une fine tranche du gras est proposée à part tant sa texture et son goût sont délicats. Mention spéciale à la version végétarienne, un pressé de chou-rave rôti au barbecue, accompagné d’une purée de chou montée au beurre noisette, et d’une émulsion liant les végétaux de ce plat délicat.
Le dessert achève le voyage sur une note nipponne légère et très gourmande: cake japonais au vinaigre d’agrumes, gel de yuzu, crémeux aérien et tuile de sésame, entre amertume élégante et douceur toastée. C’est léger, peu sucré, aérien, une bien jolie façon de terminer ce repas comme il avait commencé, avec un plat plein de saveurs variées, surprenantes parfois, se répondant toujours dans des accords parfaitement équilibrés.
En guise d’infusion, un sobacha japonais: des graines de sarrasin grillé, pour une boisson aux arômes torréfiés délicats. Accompagnée de madeleines au chocolat ultra moelleuses et peu sucrées.
Quel beau repas! Quelle claque! On sort charmés par cette cuisine si créative, la multitude de saveurs et d’accords dans lesquels on pourrait facilement se perdre, et dont le Chef maîtrise si joliment l’équilibre pour composer des plats gourmands, surprenants, et très très savoureux!
Une cuisine à découvrir sans attendre, vraiment!
Retrouve aussi la chronique Tatar de Servane ici 🙂
L’adresse
Tatar
Rue de l’Aqueduc 155 – 1050 Ixelles
+32 2 647 09 04
tatar-restaurant.be
info@tatar-restaurant.be
@tatar.restaurant




